Fès : rencontre des temporalités
Posted: June 15th, 2009 | Author: admin | Filed under: AlterAltitude | Tags: Le Festival de Fès des Cultures Soufies, temporalités | No Comments »Approfondissements au sujet de l’article La nouvelle édition du Festival de Fès de la Culture Soufie. Fès, une ville sanctuaire terre de soufisme [AlterAltitude]
L’étude d’un tel objet, un projet culturel et ses réalisations dans un contexte sociohistorique donné, nécessite de prêter attention à plusieurs domaines faisant appel à différentes temporalités.
En cela nous suivons la remarque d’Antoine Prost (Douze leçons sur l’Histoire, 2000, p.7) :
Pour expliquer l’histoire, l’historien est ainsi conduit à identifier des causes et des conditions multiples, à les hiérarchiser, à les soupeser en quelque sorte. Sa logique est rarement linéaire ; le plus souvent, elle entrecroise des séries différentes, aux temporalités inégales.”
Une temporalité politique.
Depuis 1976, date de la conférence de Nairobi où est votée une résolution pour la sauvegarde de la médina de Fès, les données du contexte international n’ont cessé d’évoluer.
Au Maroc, il en est de même. En 1999, Mohammed VI succède à son père Hassan II. Des volontés politiques sensiblement différentes en sont l’inévitable conséquence.
Dans cette sphère du politique, ce sont des acteurs et des événements appartenant à l’histoire du temps présent ou relevant d’une histoire immédiate qui sont à l’œuvre.
La notion de patrimoine implique une temporalité patrimoniale.
Cette temporalité se définit à travers l’inscription dans un passé remontant à plusieurs siècles : de la fondation de Fès au VIIIème siècle de l’ère chrétienne, en passant par l’Andalousie médiévale. Une histoire réelle, reconstruite, voire mythique selon les sujets considérés, et qui fait appel au notion de “mémoire” et de “représentation”.
Une temporalité spirituelle.
Elle procède de la notion de patrimoine en ce qu’elle se fonde sur un héritage historique, mais paradoxalement elle fait appel à l’éternel dans son acception religieuse : c’est-à-dire qu’elle échappe au temps.
La notion de “spiritualité” qui procèderait donc de l’universel et de l’éternel, permet de donner une signification intemporelle à des données historiques. Ainsi s’applique une telle “spiritualisation” aux univers confrériques pourtant inscrits et datés dans le temps.
Le Festival de Fès de la Culture Soufie met en jeu de nombreuses confréries soufies, les marocaines y forment un réseau subtil.
Les milieux marocains du soufisme ont des divergences de forme et parfois de doctrine, mais elles regardent dans une même direction pacificatrice, dans le cas contraire il ne s’agit pas véritablement de soufisme…
Ce festival se déploie à travers les trois temporalités présentées et au sein de la problématique suivante : l’affirmation d’un Islam universel et unificateur dont l’histoire du Maroc témoignerait, la monarchie marocaine serait la dépositaire, et le soufisme le médiateur.
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