Le projet jazzandcinema.net

Posted: June 16th, 2011 | Author: | Filed under: autres projets, jazz cinéma | 1 Comment »

Abandon ou mise en standby.

Se replier sur un site spécial cinéma et un autre spécial Jazz.

Ne sais pas encore si je garde le nom de domaine.

Y’ a déjà ça :


Pollock : inégal et le mot est faible : où sont les moments forts ?

Posted: March 23rd, 2011 | Author: | Filed under: blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , | No Comments »

Pollock le film

Ed Harris (réalisation)
Pollock
2000 ; 1h59 (couleur)

[Oscar 2000 du meilleur second rôle pour Marcia Gay Harden]

La vie de Jackson Pollock, peintre abstrait new-yorkais qui connut un succès considérable dans le années 40 et 50, devenant la première grande star de l’art contemporain et le défenseur de la peinture américaine. Tourmenté et autodestructeur, Pollock s’est trouvé pris dans une spirale qui a détruit son mariage, son avenir et, par une nuit d’été 1956, sa vie.

Je ne trouve pas du tout que ce soit un film dense, captivant et surtout pas habité de bout en bout (cf. Télé Ciné Obs). Je ne sais si ça repose sur l’histoire proprement dite de la vie de Pollock, où à la réalisation. A propos de cette dernière, on aurait pu être transporté. Ed Harris sait tenir une caméra, cependant, un film consacré à une pratique artistique autre que le cinoche doit être un peu virtuose que ce soit dans l’agitation ou non. C’est même un défi si l’on considère qu’il est nécessaire me mettre en valeur un art à travers un autre. Là, c’est un peu raté. C’est sûrement un parti-pris de focaliser sur la vie de Pollock avec ses relations avec sa compagne devenue épouse. Mais le travail plastique, au-delà du fait qu’il y a consacré beaucoup de temps, ne permet pas à Ed Harris de nous plonger dans les oeuvres de Pollock.
Dommage.


abstraction ? sérieux…

Posted: January 18th, 2011 | Author: | Filed under: blog GASphere, jazz cinéma, JP in photoland | No Comments »


Comme disait Borges, ou à peu près, tout créateur produit ses propres précurseurs : informés que nous sommes de ce qu’est l’art abstrait, il nous est aisé d’en trouver des traces dans les oeuvres du passé, de la même façon que nous sommes désormais plus attentifs à repérer par exemple des grandes zones “abstraites” faites par des taches multicolores dans une fresque de Fra Angelico, La Madone des ombres (1438-1450, Florence, couvent de San Marco), qui avaient jusque-là échappé à l’attention des historiens d’art.[4]

[4] : Cf. Didi-Huberman, 1990. L’auteur situe explicitement l’origine de son livre dans la découverte de ces taches.


La force du livre réside dans la mise en évidence d’un dispositif qui avait été jusque-là négligé.

Livre de Didi-Huberman non lu ?

Mauvaise foi qui pousse à l’obscurcissement ?

Un chercheur du CNRS qui fait désordre


Résultat : interruption précoce de la lecture de Monsieur Roque.


Idéologie | Voile

Posted: August 23rd, 2010 | Author: | Filed under: AlterAltitude, autres projets, blog GASphere, Imaginaflamenco, jazz cinéma, JP in photoland | Tags: , , | No Comments »

Idéologie

Un ensemble d’idées qui se rapporte à une réalité non pas pour l’éclairer et la transformer, mais pour la voiler et la justifier dans l’imaginaire, qui permet aux gens de dire une chose et d’en faire une autre, de paraître autres qu’ils ne sont.

[à propos du marxisme]

Définition-proposition valable pour nombre de sytèmes de pensées.
Définition-proposition définissant les groupuscules grégaires construits autour d’opinions.

Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société.


Notes sur une cinéphilie

Posted: July 13th, 2009 | Author: | Filed under: blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , , , | No Comments »

Sur Gilles Arnaud Sphere une catégorie CINÉMA : tous les métrages + Jazz and Cinéma

[Une partie significative du discours dans le théâtre
des illusions pendant Mulholland drive]

David Lynch

Une perception fanatique du cinéma
Éléments biographiques

Les enfants ont pris l’habitude de grandir à deux pas d’un multiplex.
Je n’avais qu’une centaine de mètres à faire pour atteindre la billetterie démodée d’un cinéma d’art et essai.
Pourquoi un établissement de ce type dans un village ? Aléas d’une politique culturelle locale aventureuse, ou bien résultat d’un marketing irresponsable ?

Je ne percevais pas les films qui s’offraient d’un point de vue esthétique, ou selon les catégories éclairantes de l’histoire de l’art, ni d’un fou filmant dailleurs. Je devenais à chaque séance un élément des images sonores projetées. Je devenais tour à tour tous les personnages. Je laissais la poésie filmique transformer mon intimité, mon regard sur les choses et les êtres. J’expérimentais, presque à mon insu, la puissance créatrice d’un réalisateur, m’imprégnant des intentions d’une virtuosité, de la folie visuelle d’une subversion.
Plein d’une naïveté propre à l’enfance et l’adolescence, je vivais à chaque séance l’intuition de bénéficier d’une forme de centralité.

Des yeux tendus à se rompre. La sensation de ne plus pouvoir détacher son attention de ce flot d’images magnifiantes, comme si la caméra filmait de l’intérieur de moi-même. Universalité d’une poétique ou hasards éclairants d’une rencontre devenant creuset d’aspirations bien moins seules désormais ?

Les films et les messages iconiques consubstantiels prenaient une dimension archétypale, toujours renouvelée. La poésie du cinéma faisait nécessairement sens.

Il y avait La dame de Shanghaï. Une femme devient le gouffre aux illusions des hommes, des mâles. Les facettes démultipliées d’un ego en quête d’ailleurs est en passe de se noyer dans les miroirs de sa maîtresse blonde sulfurée.
Mais l’espoir est sur l’arête de l’image brisée.
Toutes les personnes factices se reconnaissent dans chaque reflet. Il ne reste plus qu’à reconstruire, au détour d’un quai, là où le soleil appelle à une vie au-delà d’un horizon, pour l’heure encore obstrué par de grands jouets usés. La poésie avait enlacé notre ami, comme elle avait fait perdre la tête à Orson, dans le labyrinthe chaotique fait de pièges et de chausses-trappes, composé fondamentalement d’un agencement onirique d’ombres et de lumières vacillantes. Danses des corps, des yeux, pour une catharsis de l’esprit qui ne voulait pas s’y résoudre.
Rita était-elle la marionnettiste ou seulement la créature qui dans les derniers instants refuse la valse mortuaire ?
Il y a des voyages ineptes, mais peut-être une piste illuminée se laissera-t-elle empruntée ?

Le Procès.
La justice : abysse d’une société que l’on ne peut nommer : elle a oublié son nom.
Anthony est le seul, avec le peintre sans doute, à détenir le secret de la supercherie.
Le mensonge est devenu la vérité. Exactement : mentir c’est dire sans mentir.
Toujours la même folie présente à chaque marche de l’escalier de cette vérité. Mais elle, elle est absente – où pourrait-elle pendre son envol au-dessus de la médiocrité des êtres ? Veulerie et tromperie sont devenues – sont-elles? – les ressources ultimes et premières, les véritables forces vives qui supplantent les rêves des rêveurs de rêves. Les chimères sont à leur tour prises en otage, étouffées dans ce jeu de simulacres. Le réel n’est plus la vie, et l’éther où elles se sont réfugiées manque d’air, singulièrement. Moi aussi ; j’ouvre grand la bouche, tire sur ma chemise avec mes doigts de cadavre. Une porte de sortie, d’entrée dans le domaine protégé de mes espérances. C’est le désert maintenant, deux hommes me poussent dans la tombe pour que toute cette absurdité cesse, et les insanités à l’amour. L’explosion. Elle se fait languir. La peau se déchire et la porte entrouverte se ferme. La noirceur dans l’absence de clarté. Un à un, les lampions électriques s’allument. Cela continue tout de même. Sortie de la salle, éblouissement par le grand chambellan des étoiles.

Marcher un peu avec la fraîcheur du soir comme compagne. Mes membres goûtent les dons de ma poitrine. Un frisson.
La plaie est ouverte.

Et puis le personnage du passé qui devint l’homme du futur. Le citoyen Kane en quête d’une pureté vouée à l’inassouvissement. C’est le premier film de Welles et il lui ressemble, comme nous nous en sommes tous rendus compte. Le cinéma est-il à ce point riche et ivre de magie ? Peut-être ne faut-il pas trop donner ? Un jeu dangereux le don inconsidéré, cousin de l’inconditionnel. La perte et le gain deviennent une seule et même chose – du moins dans l’absolu.
Les autres, à la traîne ou trop devant, sont les fantoches d’une liberté à conquérir. L’art libérateur… c’est bien ça ? La pente est rude et va dans tous les sens. Se perdre pour qui ? Seront-ils reconnaissant ? Oui mais… créer équivaut à se perdre pour se retrouver. La lutte serait intrinsèque à ladite condition… Point de vue artistique ou d’artiste ?
Fadaises… Les contraintes au commencement des lueurs sont des violences inadmissibles. Un marcheur amputé est-il naturel ?
Il a donc fait des œuvres sans lendemain, et parfois même sans aujourd’hui. Un Grand œuvre pour cet alchimiste lumineux, où une profondeur est révélée par un agencement de sons et d’images en mouvement, sans que le temps n’intervienne. Et pourtant… Un écho bien plus dur et sourd qu’à l’accoutumé. Et pourtant…
Ce film-miroir fut redécouvert quelques décennies plus tard à l’aune d’une ampleur qui est la sienne, et qui lui revient, donc. Orson a du voir son reflet toujours jeune et pourtant plus proche de ce présent-ci, Dorian du Septième Art empêtré dans une pellicule en attente de lumière.

Orson Welles le magicien.

Conscient d’être du vingtième siècle, son œuvre cinématographique [mais pas seulement : radio, théâtre] est un lieu de passage entre le dix-neuvième siècle et son monde. Mais il ne s’est pas contenté d’être un passeur, il fit entrevoir les possibilités et les règles à venir d’une nouvelle prestidigitation.
Godard a dit de lui qu’il était avec G. [Griffith] le seul “(…) à avoir fait démarrer ce merveilleux petit train électrique auquel ne croyait pas Lumière. Tous, toujours, lui devront tout.”.

L’ogre aux ailes shakespeariennes était donc éternel.