Idéologie | Voile

Posted: August 23rd, 2010 | Author: admin | Filed under: AlterAltitude, Imaginaflamenco, JP in photoland, autres projets, blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , | No Comments »

Idéologie

Un ensemble d’idées qui se rapporte à une réalité non pas pour l’éclairer et la transformer, mais pour la voiler et la justifier dans l’imaginaire, qui permet aux gens de dire une chose et d’en faire une autre, de paraître autres qu’ils ne sont.

[à propos du marxisme]

Définition-proposition valable pour nombre de sytèmes de pensées.
Définition-proposition définissant les groupuscules grégaires construits autour d’opinions.

Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société.


formes : religion / athéisme

Posted: July 30th, 2009 | Author: gasphere | Filed under: AlterAltitude, blog GASphere | Tags: , , , | No Comments »

www.AlterAltitude.net et la catégorie Histoire Noire au présent sur Gilles Arnaud Sphere.

Une rencontre réelle à peine imaginée

Vers l’âge de dix ans il fit une rencontre ayant les apparences de la normalité. Un jeune homme était venu à la maison familiale. Comme nombre de colporteurs, quêteurs et évangélistes, il frappa à la porte. Il vendait des peintures aux reflets argentés tentant d’illustrer la présence de l’archange Gabriel. Sa mère ne sût que dire. Le jeune homme était gentil, il n’était pas un de ces témoins qui transmettent une bonne nouvelle aux relents d’enfants abandonnées aux souffrances de la maladie, jusqu’à les offrir en pâture à une mort naturelle.
Non. Il n’était que douceur.
Izmir a tout de suite aimé les dessins, avant la voix aux trémolos célestiels.
Il fallait choisir une des représentations. Ils partirent donc se promener dans le jardin sous l’œil maternel bienveillant mais attentif. Elle les observa de la fenêtre pendant tout le temps du dialogue qui s’instaura entre eux.
Pour qu’il choisisse, il devait connaître les raisons de la démarche du montreur d’images. Ce dernier se mit donc en demeure de lui expliquer les tenants et les aboutissants d’une théologie originale, pour peu que l’on soit pétri de son côté de doctrine spirituelle catholique. Si l’on est amateur de science fiction depuis son plus jeune âge, et que les visites extraterrestres constituent une certitude, l’exposé qui va suivre sera plus aisément envisageable, quoique.
La terre et les cieux furent créés en six jours. Repère partagé. Et puis la pomme et la Chute. C’est comme la banane et la glissade, mais sur un plan symbolique fort.

[Ouverture d'une parenthèse pleine d'agacement, mais sans condescendance]

(
Il est à noter – pour les quelques lecteurs ignares – que ce point de vue de la dégringolade de la condition humaine est largement judéo-christiano centré. Au passage – pour les incultes restants – il est plus juste de parler de tendances judéo-grecques puisque, historiquement parlant, les judéo-chrétiens furent les premières communautés chrétiennes plutôt martyres. Cette dénomination n’a donc pas toujours désigné la vieille garde puritaine frustrée des non-modernes.
De plus, – et toujours pour les mêmes – en islam (oui…) c’est Adam qui faute, et non pas Ève. C’est une des quelques rectifications que Le Coran apporte à La Bible.
)

Mais revenons à notre théologien hors-norme, mais sans caricature ; vous constaterez. L’exode, les plaies d’Égypte, Moïse et la mer docile et fantasque, David et Goliath, Noé et les autres, dans le plus grand désordre, sont tous à leur place. Selon le jeune et docte extasié, les prophètes ont chacun un style propre. Toutes les périodes des prophéties participeraient d’une mosaïque de messages constituant le décor divin de l’histoire des hommes.

Et ces prophètes ne pouvaient être considérés en dehors des régulières visites extraterrestres.
Une histoire du monde où les anges font du surf en soucoupes volantes.
Facile de verser dans l’ironie.
Il était si pur ce garçon.

Cette rencontre constitua un commencement. Celui d’une aventure dont les justifications représentent une brèche dans les idées bien agencées.

La certitude intime de l’existence d’une brèche fut donc la première conséquence.

Second individu/personnage, à peine imaginé également

Il le rencontra pour la première fois au collège. C’était un expatrié de fait et de rêves. Son charme fut toujours prodigieux. Hommes et femmes en subissaient l’influence. Seules ces dernières profitaient de ces extases matérielles qui auraient suffit à le caractériser, si la rage qui le taraudait au ventre n’était pas devenue au fil des années sa véritable maîtresse. Il symbolise les lieux de perdition de la quête, si sincère soit elle. Il savait pourquoi son corps avait pris l’habitude de cracher du sang avec une stricte régularité. Il est l’ami violent.
La destruction était sa voie. Celle des êtres qui le côtoyaient autant que lui-même. L’environnement était le cadet de ses soucis et la raison en était simple. Si l’humanité avait pris le parti de sa propre destruction, comme elle semblait l’avoir fait voilà plusieurs décennies, alors il devait aider celle-ci à accoucher d’elle-même. On ne peut pas lui reprocher d’appartenir à la masse des hypocrites. Cependant, quelques rares personnes étaient en son affection. Izmir était de ceux-là.
Il avait construit sa légende personnelle. Son frère jumeau avait été tué par un requin gris dans les eaux du Pacifique sud. De ce drame fantasmé était né sa passion pour les squales, dont il adorait l’instinct de prédation guidé presque essentiellement par une pulsion meurtrière aveugle. Les Grands Blancs, carcharinus limbatus, ou longimanus, et autre Mako était son centre d’intérêt, compulsif pourrait-on dire. Un ogre, il l’était en toutes choses, de la concupiscence au raffinement de l’esthète érudit. Il était bien seul à sa manière. Il avait le don de combattre sur le mode discursif, et rabaissait la personne qui s’était engagée dans le piège. Elle le regrettait amèrement, repartant dans son logis empreinte du malaise de celui qui vient d’être percé à jour en un clin d’œil, mais sans compassion aucune de la part du chasseur. La cruauté était devenue son mode de communication. Son intention n’était pas de se constituer un réseau d’amis, mais de piétiner le faible où qu’il le débusque. L’athéisme était sa religion et l’athéologie sa doctrine. Le raisonnement était on ne peut plus simple. Qu’est-ce qui peut nous empêcher de faire le mal si aucun principe transcendant ne préside à notre existence ? Que sont la morale, l’éthique, les règles de sociabilité, si elles sont relatives et ont toutes les chances d’être fausses avec le temps, selon une modernité toujours renouvelée. Sans révélation, les humains sont libres de concrétiser toutes les aberrations. Il aurait pu choisir le bien me direz-vous. Il estimait que la voie du pire était celle qui procurait le plus de plaisir. Un jour, il décrivit les sensations d’un violeur au moment où sa victime – prisonnière de l’intérieur – reprend conscience. Était-ce encore une bravade, un fantasme, ou la description d’un processus dont la connaissance était la résultante d’une expérimentation abjecte ? Izmir ne l’a jamais considéré comme une abomination, malgré cette permanente théâtralité de la souillure des idéaux, et des valeurs partagées se réclamant de l’amour et de ses avatars. Pitié et compassion représentaient la fange répugnante dans laquelle se vautrait tous ces lâches pour des siècles et des siècles.

[La scène de la douleur avec les chemins qui se séparent]



Notes sur une cinéphilie

Posted: July 13th, 2009 | Author: admin | Filed under: blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , , , | No Comments »

Sur Gilles Arnaud Sphere une catégorie CINÉMA : tous les métrages + Jazz and Cinéma

[Une partie significative du discours dans le théâtre
des illusions pendant Mulholland drive]

David Lynch

Une perception fanatique du cinéma
Éléments biographiques

Les enfants ont pris l’habitude de grandir à deux pas d’un multiplex.
Je n’avais qu’une centaine de mètres à faire pour atteindre la billetterie démodée d’un cinéma d’art et essai.
Pourquoi un établissement de ce type dans un village ? Aléas d’une politique culturelle locale aventureuse, ou bien résultat d’un marketing irresponsable ?

Je ne percevais pas les films qui s’offraient d’un point de vue esthétique, ou selon les catégories éclairantes de l’histoire de l’art, ni d’un fou filmant dailleurs. Je devenais à chaque séance un élément des images sonores projetées. Je devenais tour à tour tous les personnages. Je laissais la poésie filmique transformer mon intimité, mon regard sur les choses et les êtres. J’expérimentais, presque à mon insu, la puissance créatrice d’un réalisateur, m’imprégnant des intentions d’une virtuosité, de la folie visuelle d’une subversion.
Plein d’une naïveté propre à l’enfance et l’adolescence, je vivais à chaque séance l’intuition de bénéficier d’une forme de centralité.

Des yeux tendus à se rompre. La sensation de ne plus pouvoir détacher son attention de ce flot d’images magnifiantes, comme si la caméra filmait de l’intérieur de moi-même. Universalité d’une poétique ou hasards éclairants d’une rencontre devenant creuset d’aspirations bien moins seules désormais ?

Les films et les messages iconiques consubstantiels prenaient une dimension archétypale, toujours renouvelée. La poésie du cinéma faisait nécessairement sens.

Il y avait La dame de Shanghaï. Une femme devient le gouffre aux illusions des hommes, des mâles. Les facettes démultipliées d’un ego en quête d’ailleurs est en passe de se noyer dans les miroirs de sa maîtresse blonde sulfurée.
Mais l’espoir est sur l’arête de l’image brisée.
Toutes les personnes factices se reconnaissent dans chaque reflet. Il ne reste plus qu’à reconstruire, au détour d’un quai, là où le soleil appelle à une vie au-delà d’un horizon, pour l’heure encore obstrué par de grands jouets usés. La poésie avait enlacé notre ami, comme elle avait fait perdre la tête à Orson, dans le labyrinthe chaotique fait de pièges et de chausses-trappes, composé fondamentalement d’un agencement onirique d’ombres et de lumières vacillantes. Danses des corps, des yeux, pour une catharsis de l’esprit qui ne voulait pas s’y résoudre.
Rita était-elle la marionnettiste ou seulement la créature qui dans les derniers instants refuse la valse mortuaire ?
Il y a des voyages ineptes, mais peut-être une piste illuminée se laissera-t-elle empruntée ?

Le Procès.
La justice : abysse d’une société que l’on ne peut nommer : elle a oublié son nom.
Anthony est le seul, avec le peintre sans doute, à détenir le secret de la supercherie.
Le mensonge est devenu la vérité. Exactement : mentir c’est dire sans mentir.
Toujours la même folie présente à chaque marche de l’escalier de cette vérité. Mais elle, elle est absente – où pourrait-elle pendre son envol au-dessus de la médiocrité des êtres ? Veulerie et tromperie sont devenues – sont-elles? – les ressources ultimes et premières, les véritables forces vives qui supplantent les rêves des rêveurs de rêves. Les chimères sont à leur tour prises en otage, étouffées dans ce jeu de simulacres. Le réel n’est plus la vie, et l’éther où elles se sont réfugiées manque d’air, singulièrement. Moi aussi ; j’ouvre grand la bouche, tire sur ma chemise avec mes doigts de cadavre. Une porte de sortie, d’entrée dans le domaine protégé de mes espérances. C’est le désert maintenant, deux hommes me poussent dans la tombe pour que toute cette absurdité cesse, et les insanités à l’amour. L’explosion. Elle se fait languir. La peau se déchire et la porte entrouverte se ferme. La noirceur dans l’absence de clarté. Un à un, les lampions électriques s’allument. Cela continue tout de même. Sortie de la salle, éblouissement par le grand chambellan des étoiles.

Marcher un peu avec la fraîcheur du soir comme compagne. Mes membres goûtent les dons de ma poitrine. Un frisson.
La plaie est ouverte.

Et puis le personnage du passé qui devint l’homme du futur. Le citoyen Kane en quête d’une pureté vouée à l’inassouvissement. C’est le premier film de Welles et il lui ressemble, comme nous nous en sommes tous rendus compte. Le cinéma est-il à ce point riche et ivre de magie ? Peut-être ne faut-il pas trop donner ? Un jeu dangereux le don inconsidéré, cousin de l’inconditionnel. La perte et le gain deviennent une seule et même chose – du moins dans l’absolu.
Les autres, à la traîne ou trop devant, sont les fantoches d’une liberté à conquérir. L’art libérateur… c’est bien ça ? La pente est rude et va dans tous les sens. Se perdre pour qui ? Seront-ils reconnaissant ? Oui mais… créer équivaut à se perdre pour se retrouver. La lutte serait intrinsèque à ladite condition… Point de vue artistique ou d’artiste ?
Fadaises… Les contraintes au commencement des lueurs sont des violences inadmissibles. Un marcheur amputé est-il naturel ?
Il a donc fait des œuvres sans lendemain, et parfois même sans aujourd’hui. Un Grand œuvre pour cet alchimiste lumineux, où une profondeur est révélée par un agencement de sons et d’images en mouvement, sans que le temps n’intervienne. Et pourtant… Un écho bien plus dur et sourd qu’à l’accoutumé. Et pourtant…
Ce film-miroir fut redécouvert quelques décennies plus tard à l’aune d’une ampleur qui est la sienne, et qui lui revient, donc. Orson a du voir son reflet toujours jeune et pourtant plus proche de ce présent-ci, Dorian du Septième Art empêtré dans une pellicule en attente de lumière.

Orson Welles le magicien.

Conscient d’être du vingtième siècle, son œuvre cinématographique [mais pas seulement : radio, théâtre] est un lieu de passage entre le dix-neuvième siècle et son monde. Mais il ne s’est pas contenté d’être un passeur, il fit entrevoir les possibilités et les règles à venir d’une nouvelle prestidigitation.
Godard a dit de lui qu’il était avec G. [Griffith] le seul “(…) à avoir fait démarrer ce merveilleux petit train électrique auquel ne croyait pas Lumière. Tous, toujours, lui devront tout.”.

L’ogre aux ailes shakespeariennes était donc éternel.


La culture est une forme de vie

Posted: June 27th, 2009 | Author: admin | Filed under: AlterAltitude, Imaginaflamenco, JP in photoland, autres projets, blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , , | 2 Comments »


Aspiration : tendance à réfléchir de la lumière noire


La béance engouffrant toutes les autres avait assez attendu.

Elle était là n’en pouvant plus de sentir cette nourriture
tant promise depuis que les mondes sont
apparus à l’intérieur de sa panse
matrice d’un jour matrice de tous
la grande faim s’était révélée
comme une imprécation aux intonations incantatoires
et sans blasphème aucun…

La première régurgitation enflamma les cieux de sa beauté
puis le rien puis le beau puis le rien
puis le beau s’épanchèrent aux yeux des seul(e)s capables soumis
au spectacle des débordements des unités élémentaires
gonflant vers les directions non encore nommées
là ils elles virent bien autre chose que l’aboutissement
des chemins de la quête mais leur naissance
se mordant la queue face à la source iridescente des multiples
de l’ordre sans début ni commencement ni fin
une profusion d’instants distendus projetés
vers le centre de sa périphérie englobante
où les frontières n’ont ni ce nom ni cette prégnance.

L’exultation d’elle était là partout
la noirceur évacuée ne pouvait plus
sa place tenir !

ce qui afflua alors

partagée elle enfin

ils elles devinrent

enfin elle connue

offrandes et hôtes sans privilèges

Ils elles durent peu à peu considérer leur nouvelle condition.

L’accomplissement de la Substance avait été une simple remise en forme.

Des choses que l’on croit connaître pendant une existence aveugle avant l’éveil de la préciosité omniprésente, et que les loups s’efforcent de cacher de voiler à l’attention des éveillé(e)s.

La grande mort aux vulgaires pétillances des êtres resterait rayonnante au creux pour toujours de leurs vies.

Maintenant, un devoir leur incombait : témoigner de cette possibilité, en rien mystérieuse, de tendre la main vers soi-même.

Le monde est beau de ces aspirations, innocentes ou torturées, où le chaos n’est ni celui des moralisateurs, ni des figues sèches d’une assemblée bien intentionnée.

Ce n’est pas si difficile après tout…
Il suffit d’entamer le voyage vers les terres inassouvies de notre présence.


Le début

Posted: June 13th, 2009 | Author: admin | Filed under: AlterAltitude, Imaginaflamenco, JP in photoland, blog GASphere, jazz cinéma | Tags: , , , | No Comments »

Le début ce fut donc le samedi 13 juin 2009.